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 PANIQUE BOURSIERE

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zouz33
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Nombre de messages : 26
Date d'inscription : 01/11/2006

MessageSujet: PANIQUE BOURSIERE   Dim 27 Jan à 9:22

POUR CELLES ET CEUX QUI N'ONT PAS ACCES AUX FORUM CNED VOICI DES CONTRIBUTIONS TRES INTERESSANTES
Il convient pour bien comprendre la situation actuelle de revenir à ses origines.
Tout est parti de la crise du crédit immobilier aux Etats-Unis.
On a assisté depuis la fin des années 90 et le début des années 2000 a une augmentation très forte des prix de l’immobilier américain parallèlement à un accroissement très important de l’encours des prêts immobiliers aux particuliers. Il est à ce stade primordial de bien noter que les acteurs majeurs de ces financements aux USA ne sont pas les banques mais des institutions financières. Institutions qui elles mêmes doivent se refinancer sur les marchés bancaire. L’une de techniques utilisée pour ce refinancement est la titrisation, technique qui consiste à céder des paquets de créances auprès de banques ou d’institutions financières (assureurs, gérants de fonds, ect…). Il important de noter que ces banques ont-elles mêmes recédé à leur tour ces créances dans ce que l’ont appel des produits structurés.

Le Schéma suivant est donc primordial à comprendre :

Un ménage emprunte après d’un organisme spécialisé dans le financement immobilier (Country Wilde, Fanny Mae pour les plus célèbres) pour acquérir son logement. Ce même organisme cède à son tour la créance qu’il détient sur ce ménage auprès d’une banque afin de se refinancer. Cette banque intègre cette même créance dans des produits structurés qu’elle vend à son tour à un OPVCM d’une autre banque par exemple ( voir l’exemple de la fermeture de 3 fonds par la BNP en août 2007.). Cette OPCVM est alors vendu par cette deuxième banque à un agent économique structurellement placeur (Organisme financier, assureur, entreprise, ménage ect ..).

Cette digression est peut être un peu longue et je l’espère compréhensible, mais vous avez là le schéma qui explique en très grande partie comment la défaillance des ménages américains sur les prêts immobiliers se répercute à l’ensemble de la sphère financière mondiale.


L’origine de la crise actuelle est donc la défaillance croissante du nombre de ménages américains sur le segment des prêts immobiliers, particulièrement ceux dit Subprime (prêts en faveur des ménages présentant le plus grand risque d’insolvabilité).
Il conviendrait à ce stade de développer beaucoup plus précisément les techniques de financement des ménages dans les pays anglo-saxons et très certainement d’ouvrir le débat sur les notions de dettes privées et publiques d’une part et d’autre part de l’impact de ces dettes sur le moteur essentiel de la croissance de nos jours qu’est la consommation. Mais ce n’est pas l’objet de mon propos.


Le déclenchement de la crise mis en lumière, il convient maintenant de tenter d’expliquer sa propagation à l’ensemble de la sphère financière et des marchés actions en particulier..

Le début de la crise des Subprimes remonte à la mi 2006 environs, mais son amplification date de l’été dernier. En effet, le défaut des organismes de financement des prêts immobiliers aux USA a conduit par ricocher les banques ayant refinancé ces derniers à connaître à leurs tours des problèmes de refinancement. Est apparue alors une crise de liquidité sur le compartiment du marché monétaire du refinancement bancaires. En effet, devant la complexité et l’opacité des circuits de financement que j’ai illustré plus haut, plus personnes ne veut prêter à personnes.
Les principales banques centrales sont alors intervenues en août 2007 pour injecter des sommes considérables et sans précédent pour palier à ces crises de liquidité.
Mais à ce stade, les différents acteurs de la finance mondiale ont alors pris conscience à la fois des risques de ralentissement voir de récession que font peser sur l’économie américaine à la fois les difficultés des ménages (baisse de la consommation) mais surtout des banques (principaux financeurs de cette consommation). A ce stade ressurgi également la peur d’un Crédit Crunch au niveau mondial. Je vous renvoi toujours à mon schéma initiale qui montre comment les créances immobilières ont été transférée dans l’ensemble de la sphère financière mondiale.

Si je rappel que les marchés action sont essentiellement nourris par les anticipations de bénéfices futures des entreprises qui y sont cotées (la valeur d’une action peut en effet être exprimée comme l’actualisation des bénéfices futurs) on voit très bien que les perspectives de récession économique de la première économie du monde conduisent à un contraction des cours. Quand dans le même temps, un nombre croissant d’établissements bancaires se trouvent eux même en difficulté voir quasi faillite pour certains, vous avez un cocktail détonant qui conduit à un krach boursier. Car rappelons que si l’on peut donner une définition rationnel de la valeur d’une action, le comportement des acteurs est lui irrationnel et très souvent mimétique. La peur du lendemain est la pire des choses sur n’importe quel marché et souvent à l’origine de spirales déflationniste.

Ce sont donc les anticipations de contraction économique et de l’opacité qui entoure le bilan des banques et autres organismes financiers (on parle maintenant de faillite de réassureurs du marché obligataires aux Etats-Unis) qui a conduit l’extrême volatilité des marchés action.

Enfin, pour répondre à la deuxième partie de la question, il suffit de remonter le mécanisme précédent dans l’autre sens. La baisse des taux directeurs des banques centrales influence directement le niveau des taux à court terme et donc la masse de liquidité en circulation pour le refinancement des banqueset donc de l’ensemble de l’économie par voie de conséquence. L’objectif de la FED dans la baisse de 750 points de base de son principal taux directeur est donc de soulager le refinancement bancaire dans un premier temps et de permettre dans un deuxième à ces dernières de remplir leur rôle de financement des agents économique. Ceci au détriment des éventuelles poussés inflationnistes qui vont découler de cette injection de liquidité dans le système.
Enfin et surtout, l’objectif de la baisse des taux directeurs de la FED est d’envoyer un signal aux marchés pour tenter de casser la spirale de la peur et de la défiance des intervenant sur l’avenir. Intervention qu’il convient de mettre en parallèle avec le plan de relance de 140 milliards de dollars décidé par le gouvernement américain.

La déclaration de Jean Claude Trichet peut donc être interprétée comme étant à contre courant des positions de la FED. A savoir que la BCE se préoccupe plus du contrôle de l’inflation que de soutenir l’activité économique. C’est d’ailleurs ce que M. Trichet indique, quand il souligne que son mandat est avant tout le contrôle des prix.
Dire que la déclaration de M. Trichet aggrave la situation s’est avant tout se placer sur un plan psychologique. Les acteurs anticipent que la BCE ne soutiendra pas la croissance en cas de ralentissement marqué, mais restera ancré sur son mandat de contrôle de l’inflation.
Je rappel que des critiques aussi virulentes ont suivi l’intervention de la FED au motif qu’elle soutiendrait des agents économiques ayant pris des risques inconsidérés et préparerait l’émergence de la bulle spéculative suivante (lire Patrick Artus).
Pour conclure, je dirais que cette question renvoie aux sources même de la science économique. Comment modéliser et interpréter de façon rationnellle le comportement d’individu mus eux même par des comportements très souvent irrationnels et influencés par des sentiments émotionnels.



J’espère que cette contribution éclaire un peu le sujet et qu’elle est compréhensible. Je suis bien évidement ouvert à toute critique et attend vos commentaires sur la situation actuelle. Nous sommes en train je pense, de vivre une crise exceptionnelle tant par ses conséquences que par son ampleur et ses mécanismes de propagation. Je n’ai pas voulu rentrer trop dans le détail des mécanismes à l’œuvre pour des questions de temps mais à mon avis cette crise nous renvoie à l’ensembles des grandes problématique actuelles de la science économique (croissance, globalisation et régulation financière, rôles des institutions nationales et supra nationales, ect …)


Cordialement.
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Corinne Lafourcade
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Nombre de messages : 299
Date d'inscription : 29/10/2004

MessageSujet: Re: PANIQUE BOURSIERE   Sam 1 Mar à 8:48

merci pour cette contribution probablement très utile pour les écrits

Corinne
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PANIQUE BOURSIERE
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